[GARR Haïti] - Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés - [GARR Haïti] - Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés - Blogs Le Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) est une plate-forme d'associations et d'organisations non gouvernementales travaillant sur la problématique de la migration. Tout en n'excluant pas les autres pôles de migration, le GARR concentre ses efforts sur la République Dominicaine où vivent de nombreux immigrants haïtiens et leurs descendants dans des situations déplorables. https://news.garr-haiti.org Sat, 22 Sep 2018 09:44:40 +0000 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr Cadre légal du droit au logement en Haïti https://news.garr-haiti.org/index.php/blogs-fr/item/1136-cadre-légal-du-droit-au-logement-en-haïti https://news.garr-haiti.org/index.php/blogs-fr/item/1136-cadre-légal-du-droit-au-logement-en-haïti

Le terrible séisme qui a gravement affecté les Départements de l’Ouest et du Sud Est de notre pays le 12 janvier 2010 a porté atteinte à de nombreux droits fondamentaux de la personne. Au nombre des droits les plus touchés figurent le droit à un logement décent, signale Me. Saint-Pierre Beaubrun, responsable de la section Droits Humains et Migration, et responsable de programmes au GARR.

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En effet, plus de 250.000 maisons sont détruites. De nombreuses autres sont gravement endommagées ou fissurées. En conséquence, plus de 1.500.000 personnes vivent, dans des conditions infrahumaines, sous des tentes dans des camps aménagés ou de fortune.

Mais s’il existe un domaine qui n’a pas été affecté par la catastrophe du 12 janvier en Haïti c’est bien le cadre juridique. Donc, le cadre légal du droit au logement non plus. Que dit la législation haïtienne sur le droit au logement? Considérons le droit au logement, d’abord, dans les textes nationaux ; ensuite,  les instruments internationaux dont Haïti fait partie. 


1.Droit au logement dans les textes nationaux

           a.Dans la Constitution de 1987

La Constitution haïtienne de 1987 reconnait le droit au logement en son article 22 qui dispose :

« L'Etat reconnaît le droit de tout citoyen à un logement décent, à l'éducation, à l'alimentation et à la sécurité sociale. »

Il est à noter que l’inscription du droit au logement dans notre Charte fondamentale constitue déjà une grande avancée dans la lutte pour le respect de ce droit. Car dans de nombreux Etats, les Constitutions ne consacrent pas ce droit.

          b.Loi organique du Ministère des Affaires sociales

La loi organique du Ministère des Affaires Sociales du jeudi 24 novembre 1983 a créé et réglementé, en ses articles 153 et suivants, une Entreprise Publique de Promotion de Logements Sociaux (EPPLS).

Cette institution a pour attributions, entre autres, de préparer, programmer, réaliser et gérer, dans le cadre de la politique nationale de logement social, des projets permettant aux familles et aux individus aux revenus les plus faibles l’accession à un logement décent.

         c.Autres textes sur le droit de propriété et les loyers

Il y a lieu également de toucher, dans le cadre de cet exposé, les lois sur les loyers et le droit de propriété. Car ordinairement on a accès à un logement soit à titre de locataire soit à titre de propriétaire.

La propriété d’un logement s’acquiert par donation entre vifs, succession, achat ou construction. Tous ces moyens sont réglementés par le Code civil haïtien mais nous n’allons en parler dans cette intervention.

Le louage des choses, dont les baux à loyers, est prévu et réglementé par la loi No 23 du Code civil sur le contrat de louage. Il importe de souligner l’existence d’autres textes dans notre législation qui protègent les locataires. Citons, entre autres, la Loi du 14 septembre 1947 interdisant toute augmentation de loyers ; la Loi sur les loyers du 17 mai 1948 prescrivant les délais de 3 à 5 ans selon le cas ; la Loi du 19 juillet 1961 édictant des mesures de protection en faveur des économiquement faibles quant au cout des loyers.    

Comme l’intervention s’inscrit dans un cadre post-séisme, il important de rappeler la solution légale au problème des maisons détruites dont les locataires venaient à peine de payer les loyers. A cet effet, l’article 1493 du Code civil dispose :

«  si, pendant la durée du bail, la chose louée est détruite en totalité par cas fortuit, le bail est résilié de plein droit ; si elle n’est détruite qu’en partie, le preneur peut, suivant les circonstances, demander ou une diminution de prix, ou la résiliation même du bail. … S’il avait été convenu que les loyers seraient payables d’avance, le terme qui aurait été ainsi payé, sera, en cas de résiliation du bail, restitué au preneur jusqu’à la concurrence de sa non-jouissance. »                                

2.Droit au logement dans les instruments internationaux

 a.Déclaration Universelle des droits de l’Homme du 10 décembre de 1948

La Déclaration Universelle des droits de l’Homme du 10 décembre de 1948 consacre le droit au logement en son article 25 alinéa1 :

«  Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. »

Quelqu’un pourrait objecter que la Déclaration Universelle des droits de l’Homme n’est qu’une déclaration de principes qui n’a aucune force juridique. Cette idée est vraie pour bien des Etats. Mais pour Haïti, c’est tout à fait le contraire.   

La Déclaration Universelle des droits de l’Homme est un texte à valeur constitutionnelle en Haïti. En effet, ce texte sert même de fondement à notre Constitution. Ce qu’en témoigne le premier paragraphe du préambule qui se lit ainsi :

« Le Peuple Haïtien proclame la présente Constitution: 

Pour garantir ses droits inaliénables et imprescriptibles à la vie, a la liberté et la poursuite du bonheur; conformément à son Acte d'indépendance de 1804 et à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948. »

 

De plus, la Constitution continue de se référer à cette Déclaration même dans le corps du texte. Nous lisons, à l’article 19 par exemple, que « L'Etat a l'impérieuse obligation de garantir le droit à la vie, à la santé, au respect de la personne humaine, à tous les citoyens sans distinction, conformément à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. »


         b.Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de

           leur propre pays

Ces Principes directeurs proclamés par les Nations Unies ne constituent pas à proprement parler des règles du droit international mais ils en découlent. D’ailleurs, ce sont ces principes qui servent actuellement d’orientation à l’action humanitaire des Organisations Internationales (OI) et des Organisations non gouvernementales (ONG) en Haïti ; du moins, théoriquement.

Dès le début,  ce texte pose le principe fondamental selon lequel les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays jouissent, sur un pied d’égalité, en vertu du droit international et du droit interne, des mêmes droits et libertés que le reste de la population du pays. Elles ne font l’objet, dans l’exercice des différents droits et libertés, d’aucune discrimination fondée sur leur situation en tant que personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays.

Le droit au logement est consacré au 18e principe :
1. Toutes les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays ont droit à un niveau de vie suffisant.
2. Au minimum quelles que soient les circonstances et sans discrimination aucune, les autorités compétentes assurent aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays les services suivants et leur permettent d’y accéder en toute sécurité :

  1. a)aliments de base et eau potable ;
  2. b)abri et logement ;
  3. c)vêtements décents ;
  4. d)services médicaux et installations sanitaires essentiels.

3. Des efforts particuliers seront faits pour assurer la pleine participation des femmes à la planification et à la distribution des fournitures de première nécessité. »

Quant au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, il consacre le droit au logement au premier alinéa de son article 11 :

« Les Etats parties au présent Pacte reconnaissent le droit de toute personne à un niveau de vie suffisant pour elle-même et sa famille, y compris une nourriture, un vêtement et un logement suffisants, ainsi qu'à une amélioration constante de ses conditions d'existence. Les Etats parties prendront des mesures appropriées pour assurer la réalisation de ce droit et ils reconnaissent à cet effet l'importance essentielle d'une coopération internationale librement consentie. »

Mais malheureusement ce texte n’est pas encore ratifié par Haïti.


3.Quelques lacunes du cadre légal haïtien eu égard au Droit au logement

a.Le droit au logement n’est pas garanti dans la législation;

Le droit positif haïtien reconnait le droit au logement mais il ne le garantit pas. La Constitution de 1987 n’impose pas à l’Etat l’obligation de garantir le droit au logement à chaque Haïtien (revoir l’article 22). Elle ne fait que reconnaitre que les Haïtiens ont ce droit. Si l’on n’a pas de logement, dans l’état actuel des choses, on ne peut exercer aucun recours contre l’Etat haïtien. 

En France, par exemple, un SDF, en vertu du Droit au Logement Opposable (DALO), peut recourir auprès des autorités pour exiger la garantie de son droit au logement. S’il n’arrive pas à obtenir un habitat à l’amiable, il peut exercer un recours juridictionnel.

           b.Problème quant à la nature précise et l’étendue du droit au logement

Qui pourrait réclamer ce droit ? Tout le monde ou seulement les nécessiteux ? Quels sont les critères légaux pour déterminer les bénéficiaires ? Auprès de quelle autorité doit-on recourir? Quelles sont les étapes de la procédure ? Que peut-on réclamer exactement ? Un permis de construire ou un logement construit ? Un logement de quelle nature ? Dans quel délai ? … 

Il est nécessaire de mener des plaidoyers pour que l’Etat haïtien garantisse le droit au logement et prenne une loi de nature à combler les différentes lacunes que comportent ces quelques dispositions éparses de notre législation sur le droit au logement.

Exposé présenté au local de POHDH le vendredi 01 octobre 2010

et mis à jour en Janvier 2013.

 

* Saint Pierre Beaubrun, licencié en Droit à la Faculté de Droit et Sciences Economiques de Port-au-Prince (UEH), Maîtrise interdisciplinaire en Sciences Sociales et Humaines (UEH). Formation en Droits Humains à l’Institut International des Droits de l’Homme de Strasbourg.

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Blogs Mon, 18 Feb 2013 17:42:29 +0000
Un brève regard sur la situation des enfants en Haïti https://news.garr-haiti.org/index.php/blogs-fr/item/1005-un-brève-regard-sur-la-situation-des-enfants-en-haïti https://news.garr-haiti.org/index.php/blogs-fr/item/1005-un-brève-regard-sur-la-situation-des-enfants-en-haïti

"La société haïtienne crée des différences entre les enfants et font des discriminations à leur égard selon leur provenance familiale", signale Fred Sylvain, animateur zone Fonds-Parisien et coordonnateur pour les programmes en faveur des enfants.

Fred SilvaynLe deuxième dimanche du mois de juin est consacré aux enfants en Haïti. Dans la société haïtienne, l’on n’accorde pas toujours une place importante aux enfants.

La priorité est souvent donnée aux adultes, dans les prises de décision, dans la distribution des aliments aux foyers, dans les choix politiques et économiques etc. Aucun programme spécial pour les enfants vivant dans les familles en situation difficile, ou pour leur protection spécifique, n’existe. Beaucoup de parents ignorent encore que les enfants ont des droits. Beaucoup d’entre eux n’acceptent pas du tout l’idée que les enfants sont des êtres humains à part entière.

Les violations des droits des enfants sont accentuées par les difficultés économiques auxquelles fait face une grande partie de la population haïtienne. Malgré quelques améliorations constatées à certains niveaux, des écarts énormes persistent entre les enfants, selon la famille ou la couche sociale à laquelle ils/elles appartiennent.

La société haïtienne crée des différences entre les enfants et font des discriminations à leur égard selon leur provenance familiale. En matière d’état civil, les enfants sont catégorisés en légitimes, naturels ou adultérins, et chaque catégorie donne un statut différent avec accès plus ou moins limité aux droits. Il y a des cas où les enfants nés de familles extrêmement pauvres deviennent des enfants de la rue ou des Restavèk. Ce sont malheureusement les petites filles qui sont en grande partie victime du phénomène « Restavec » assimilé à une forme d’esclavage moderne. Beaucoup d’enfants se retrouvent dans les rues pour travailler et/ou mendier. Ces enfants qui vivent dans les rues sont constamment maltraités par des autorités et ne sont pas protégés.

Après le séisme du 12 janvier 2012, de nombreux camps de déplacés ont surgi à Port-au-Prince, ainsi que dans plusieurs villes de province. Des enfants avec ou sans parents sont rencontrés dans ces camps. Ils essaient de se donner du loisir dans un environnement non organisé pour ces genres d’activités. Par exemple, dans les camps de déplacés de la zone de Christ-roi, avec les vacances d’été qui commencent, les petits garçons se réunissent auprès des terrains de jeu tout au long de la journée alors que les petites filles se retrouvent dans les points de distribution d’eau ou dans les cuisines. Arrangement inconscient des parents ou pas, une chose est sûre le droit de ces fillettes au loisir est négligé, tandis les garçonnets trouvent plus d’opportunités pour se divertir.

On se demande souvent si l’Etat haïtien est prêt à créer un plan de sauvegarde pour les milliers d’enfants du pays dont les parents sont morts au moment du séisme. Pourquoi les dirigeants ne réagissent-ils pas devant les enfants qui meurent de faim dans les camps de déplacés? On se plait à répéter que les enfants représentent l’avenir du pays. Mais si on les néglige aujourd’hui, quelle société pouvons-nous espérer à l’avenir? Il s’avère donc urgent que les enfants soient pris en charge par les autorités du pays pour que l’on puisse rêver d’une Haiti meilleure.

Vivent les enfants de mon pays, vivent les enfants d’Haïti !

 

* Fred Sylvain, diplomé en Communication Sociale, journaliste reporter à l’Institut Supérieur de Communication et de la Langue Française (ISCOF), Haïti. Animateur zone Fonds-Parisien et coordonnateur pour les programmes en faveur des enfants.

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Blogs Thu, 14 Jun 2012 15:41:24 +0000
Votre opinión, un outil de changement pour Haïti https://news.garr-haiti.org/index.php/blogs-fr/item/998-votre-opinión-un-outil-de-changement-pour-haïti https://news.garr-haiti.org/index.php/blogs-fr/item/998-votre-opinión-un-outil-de-changement-pour-haïti

Au fil des années, le thème des relations haïtiano-dominicaines est de plus en plus incontournable. Plus de vingt millions de personnes sont concernées. Le GARR vous propose aujourd’hui un espace de discussions et de réflexions sur cette dynamique insulaire chargée de défis. Bonne participation!

Lisane AndreChers-es abonnés-es,

 Dans le souci d’une interaction plus enrichissante autour des divers axes d’intervention du GARR, nous vous proposons un espace d’échanges avec des représentants-antes du Bureau Exécutif du GARR et de la Plateforme, versés-es dans différents domaines allant de la thématique des droits des migrants en général, des déplacés-es internes et des réfugiés-es en particulier. 

 Le thème des relations haïtiano-dominicaines, des échanges transfrontaliers, sera également abordé dans l’attente de vos réactions et commentaires. 

 Nous souhaitons que vos interventions reflètent un souci de partage et/ou de confrontation d’idées loin d’expressions négativistes et réductrices de la dignité d’autrui.

 Ce blog est lancé avec une analyse de la frontière produite par la coordonnatrice du Bureau Exécutif, Colette Lespinasse,  nouvelle récipiendaire du Prix 2012 du Leadership Richard Holbrooke.

 Nous vous souhaitons la plus cordiale bienvenue sur le blog du GARR. 

 Qu’il soit désormais le vôtre !

 Lisane Andre, responsable Communication et Pledoyaire GARR.

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webadmin@garr-haiti.org (Frantz Jean Joseph) Blogs Fri, 25 May 2012 18:08:16 +0000
Le droit à l’enregistrement et à l’identification : le cas des immigrants-es en Republique Dominicaine exige une réponse rapide et durable https://news.garr-haiti.org/index.php/blogs-fr/item/990-le-droit-à-l’enregistrement-et-à-l’identification-le-cas-des-immigrants-es-en-republique-dominicaine-exige-une-réponse-rapide-et-durable https://news.garr-haiti.org/index.php/blogs-fr/item/990-le-droit-à-l’enregistrement-et-à-l’identification-le-cas-des-immigrants-es-en-republique-dominicaine-exige-une-réponse-rapide-et-durable

"La problématique de la documentation des immigrants/tes haïtiens en République Dominicaine  est une conséquence du dysfonctionnement du système d’Etat Civil haïtien.  Le système d’enregistrement des naissances en Haïti est inefficace. L’Etat haïtien a déjà déployé de multiples efforts, toutefois il ne parvient pas à doter tous ses nationaux d’un acte de naissance", réfléchi Frederic Cliford, membre de l'équipe État Civil dans la plateforme GARR.

Frederic Cliford
Haiti et la République Dominicaine se trouvent dans la Caraibe et partagent une frontière d’environ 380 kilomètres et la migration haitienne vers la Republique Dominicaine est une constante.
Les multiples tensions sur la frontière haitiano-dominicaine sont révélatrices de la portée de multiples problèmes que confrontent ces migrants-es exposés régulièrement à des déportations massives. En outre, le problème de documentation reste l’un des nombreux problèmes à résoudre.

Les sans papier haitiens en République Dominicaine

l’absence de documentation de toutes sortes (documents d’identité, passeports, permis de séjour etc.)  constitue  un grand handicap pour les Haïtiens et Haïtiennes vivant en République Dominicaine. Cette difficulté de pouvoir s’identifier est souvent source de violations des droits humains de ces personnes qui se traduisent par des rapatriements arbitraires, la négation des droits du travail (paiement de salaire équitable, d’assurance, de pension), le non-accès à des services de base tels  la santé, l’éducation, les entraves à la libre circulation.
Les contraintes qu’implique l’absence de ce document sont renforcées par les problèmes de discrimination, l’impossibilité de mener des démarches en vue de régulariser leur statut migratoire. Les enfants de ces catégories vulnérables nés en République Dominicaine quoique ayant un droit légitime à la nationalité dominicaine  ne peuvent prouver leur identité ni leur résidence légale. 
 
Le dysfonctionnement du système haitien d’Etat civil

La problématique de la documentation des immigrants/tes haïtiens en République Dominicaine  est une conséquence du dysfonctionnement du système d’Etat Civil haïtien.  Le système d’enregistrement des naissances en Haïti est inefficace. L’Etat haïtien a déjà déployé de multiples efforts, toutefois il ne parvient pas à doter tous ses nationaux d’un acte de naissance. Cette défaillance du système affecte non seulement les citoyens qui vivent à l’intérieur du pays mais aussi ceux qui vivent à l’extérieur. 

Le cas des immigrants/tes haïtiens en République Dominicaine exige une réponse rapide et  durable  
Comment comprendre qu’en cette ère de la démocratie, des droits de l’homme, Haïti n’arrive pas à garantir à  toutes ses filles et tous ses fils  l’accès au droit à l’identité ?  Comment comprendre qu’une Haïti qui dit vouloir projeter une autre image à l’extérieur , tarde à résoudre les problèmes liés à l’identification de ses ressortissants-es à l’étranger ? Il est impensable que ce problème qui ne date pas d’hier n’ait pas été une priorité pour l’Etat Haïtien. En fait, si elle était l’une des grandes priorités de l’Etat, il n’y a pas lieu de comprendre pourquoi une solution durable n’est pas encore apportée.

Il s’avère urgent de corriger  les lacunes du système pour faciliter l’accès aux services d’Etat civil à tous les Haïtiens et Haïtiennes de sorte qu’ils-elles puissent tous avoir, entre autres documents, un acte de naissance. Nous sommes  particulièrement interpelés par la problématique de la documentation des immigrants/tes haïtiens en République Dominicaine, laquelle problématique se doit d’être une préoccupation pour tous les secteurs de la vie nationale et à laquelle il est primordial d’apporter une solution adéquate et durable. 
 
Pour le respect du droit à l’identité des immigrants-es haitiens
L’absence d’acte de naissance pour les immigrants-es haitiens en République Dominicaine est une violation de leur droit fondamental à l’enregistrement et à l’identification. En effet, cette situation  ne fait-elle pas d’eux, des personnes qui n’ont  droit à aucun projet d’avenir, aucune perspective pour le lendemain, aucun rêve réalisable ?
 
La résolution de leur problème de documentation ne nécessite-t-elle pas une bonne concertation entre les acteurs concernés ?
 
 
* Frederic Cliford est Licencié en Droit à l' Université de Quisqueya, Haïti, et Master II en Droit International et comparé de l' Environnement à l'Universite de Limoges, France.
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webadmin@garr-haiti.org (Frantz Jean Joseph) Blogs Tue, 15 May 2012 19:18:10 +0000
POUR STOPPER LES MOUVEMENTS DE VIOLENCE ET DE PARALYSIE A LA FRONTIERE https://news.garr-haiti.org/index.php/blogs-fr/item/977-pour-stopper-les-mouvements-de-violence-et-de-paralysie-a-la-frontiere https://news.garr-haiti.org/index.php/blogs-fr/item/977-pour-stopper-les-mouvements-de-violence-et-de-paralysie-a-la-frontiere

«Pour que la frontière ne devienne pas une source de nuisance pour Haïti et la République Dominicaine, il faut que les deux Etats qui se partagent cette île impriment une nouvelle orientation aux relations haïtiano-dominicaines. Cette nouvelle vision doit bien sûr intégrer une autre forme de gestion de la frontière, en rupture avec celle d’aujourd’hui, basée sur la violence, la méfiance et l’exploitation», signale Colette Lespinasse, coodonnatrice du Bureau Exécutif du GARR.

Colette Lespinasse, coodonatrice du Bureau Exécutif gu GARR.Au cours des deux derniers mois (mars et avril 2012), plusieurs évènements violents ont marqué la vie à la frontière haïtiano-dominicaine.  

Certains ont occasionné la paralysie totale de la frontière pendant plusieurs jours. A la base de ces actions, des cas d’assassinats survenus dans des conditions qui mettent en relief des difficultés dans la gestion de cet espace. Dans certains cas, les assassinats ont résulté de transactions qui ont mal tourné, d’actions illicites ou tout simplement de l’utilisation disproportionnée d’armes automatiques dont sont détenteurs certains individus évoluant dans la zone.  

Absence de contrôle

De plus en plus, l’on a l’impression que les autorités des deux pays perdent le contrôle de cet espace, plaque tournante d’un chassé-croisé de transactions quotidiennes atteignant des millions de dollars. Au lieu d’une prise en charge de la frontière, d’une meilleure organisation des échanges, de l’installation de pratiques formelles, du respect des normes, c’est de plus en plus l’informel, la magouille, le mauvais usage du pouvoir qui est la règle.

A regarder comment un nouveau marché fraichement aménagé dans le Nord- Est est géré, dans un chaos total où tout se mélange (piétons, containeurs, marchandises etc.), un observateur qui fréquentait la zone n’ a pu s’empêcher de s’exclamer « La fortune est vraiment dans le chaos !».

Un cycle de crises à éviter

La situation ne peut plus continuer ainsi. De protestation en protestation, de paralysie en paralysie, l’on peut déboucher sur des crises d’envergure. Aujourd’hui, la frontière haïtiano-dominicaine a besoin d’être gérée autrement.

Au cours des vingt-cinq dernières années, la réalité de cette frontière longue d’environ 380 kilomètres a beaucoup évolué. Nous sommes passés d’une zone purement militaire, de circulation très restreinte à une zone de haute mobilité humaine avec la présence de plus d’une dizaine de marchés qui ont eu lieu chacun deux fois par semaine et drainant des dizaines de milliers de personnes, de nombreux véhicules et des millions de dollars de marchandises.

Malheureusement, les structures d’accueil actuelles sont désuètes et ne répondent pas au besoin de cette réalité. Seulement quatre points sont officiellement reconnus (Ouanaminthe-Dajabon, Belladère-Elias Piña, Malpasse-Jimani, Anse-à-Pitres /Pedernales), alors que des échanges importants se développent dans de nombreux autres points.

Du côté d’Haïti, il y a eu certes des aménagements cosmétiques avec la construction de quelques bureaux de douane et d’immigration financés par des dons étrangers. Mais à part cela, qu’est-ce qui a changé véritablement dans les procédures, dans les pratiques ? Pas grand-chose.

Du côté dominicain, la grande nouveauté a été la création d’un corps spécialisé pour le contrôle de la frontière (CESFRONT), c’est-à-dire le renforcement de la vision militarisée de cet espace à un moment où les civils des deux côtés sont en train de se l’approprier ; réalité économique, pauvreté des deux côté oblige.

Une nouvelle vision de la frontière

Pour que la frontière ne devienne pas une source de nuisance pour Haïti et la République Dominicaine, il faut que les deux Etats qui se partagent cette île impriment une nouvelle orientation aux relations haïtiano-dominicaines. Cette nouvelle vision doit bien sûr intégrer une autre forme de gestion de la frontière, en rupture avec celle d’aujourd’hui, basée sur la violence, la méfiance et l’exploitation. Les dirigeants, dans leur prise de décision, dans le choix des fonctionnaires qu’ils font, dans les procédures de contrôle mis en place, doivent démontrer clairement la recherche de cette convivialité porteuse de bien-être et d’harmonie pour tous. C’est à ce prix que les violences et les mouvements de paralysie cesseront. Il faut donc un changement des mentalités qui se traduit par des comportements nouveaux empreints de respect, d’une opinion positive de l’autre, tout cela stimulé par des normes et procédures nouvelles.  

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webadmin@garr-haiti.org (Frantz Jean Joseph) Blogs Thu, 03 May 2012 17:36:31 +0000